What is spirituality? par Doron Polok
Commissaire de l'exposition
 
L’exposition du photographe israélien Amir Eshel à Mémoire de l’Avenir à Paris présente une collection de photographies captant le caractère spirituel et l'énergie d’individus et de sites uniques dans le monde.
Amir Eshel a passé ces deux dernières années à voyager afin de réaliser des images de personnes ayant recours à des pratiques spirituelles. Il a capturé autant de moments intimes de leur vie, qu’ils soient en train de célébrer ou encore de lutter pour survivre. Les photographies présentent dès lors une dimension spirituelle de leur comportement ou de leur langage corporel. Avec sa sensibilité, les images qu'Amir Eshel semblent s’immiscer dans la vie de ces personnes depuis une dimension cachée ou ignorée. Son regard, empathique, individualise les situations et les scènes, donnant à voir une dimension profondément intime.
 
Bien que certaines de ses photographies les plus marquantes soient en noir et blanc, Amir Eshel utilise aussi dans son travail l’intensité visuelle de la couleur. Peu importe où il se trouve, avec qui ou dans quelle situation, en ville, à la campagne ou dans le désert, Amir Eshel se concentre principalement sur les éléments positifs et assertifs de la vie. Par exemple, dans les prises de vues qu’il réalise en ville, il en recherche les coins cachés, où se déroulent des scènes inhabituelles.
 
Dans la première série présentée, Amir Eshel documente l'art du mouvement des Frères Tailleur - athlètes, danseurs et champions de Capoeira d'Israël. L’objectif de ce groupe est d'éduquer les jeunes ultra-orthodoxes à travers la poésie du mouvement et l'utilisation du corps parallèlement à l’étude de la Torah et des Livres Saints. La Capoeira, un art martial brésilien de combat-danse, se prête parfaitement à leurs performances. Les saisissantes photos représentant cette fusion culturelle poétique ont été prises dans Bnei Brak et Jérusalem, les deux villes les plus orthodoxes d’Israël ou les jeunes pratiquants se produisent devant le regard des spectateurs fascinés.
 
La deuxième série présentée dans l’exposition a été réalisée aux abords de la Mer Morte. Une partie de cette série sera également présentée cette année à la Biennale Internationale de Venise. Dans ce travail, Amir Eshel suit un groupe de jeunes filles participant à un « voyage de paix », qui consiste en une marche sur le flan de la montagne entourant la mer Morte. A travers ces photographies, il montre à la fois un paysage mystique et un mouvement de l’ordre du déploiement. Les figures féminines font partie intégrante de cette scénographie sauvage générée par les immenses blocs de sel disséminés au sol.
 
La troisième série a été réalisée récemment en Inde, dans la région du Rajasthan,  autour des villes spirituelles de Jaipur et Pushkar. Les photographies tentent de traduire de manière authentique la rencontre de personnes « vertueuses » dans d’étonnants paysages - nature, espaces urbains ou temples. Contrairement à la série Dead Sea dans laquelle le photographe capture les scènes en noir et blanc, la série indienne est imprégnée de couleurs vibrantes et de paysages époustouflants qui inspirent des émotions intenses. Des sensations similaires se dégagent des visages saisis par Amir, reflétant souvent des expressions emphatiques voire dramatiques.
 
En plus de ces séries, l'exposition présente également quelques-unes des premières photographies d’Amir Eshel. Notamment une photographie grand format représentant une femme étendue sur la plage, vêtue d’un short et d’un tee-shirt, lisant les Psaumes en hébreu. Cette photographie personnifie à elle seule deux des éléments les plus importants de l'œuvre d'Eshel: un moment cinématographique méticuleusement incarné et sculpté à l'unisson à travers le corps d'une femme.
 
Doron Polak est un artiste qui vit et travaille à Tel Aviv (Israël). Il a étudié les beaux-arts à l’Université de Tel Aviv ainsi qu’à l’école de Talma Yalin (Tel Aviv) et suivra des études en arts dramatiques à Londres et à Berlin. Doron Polak est le fondateur de Projective, qui a pour mission d’aider les artistes à s’intégrer au  marché de l’art et de Artura, qui  travaille à la promotion de l’art public . Il a organisé, à ce jour, plus de 300 expositions.
En Occident, la spiritualité est traditionnellement associée à la religion, dont l’objectif est le salut de l’Homme. La philosophie, depuis Platon,  quant à elle se focalise sur l’opposition du corps et de l’esprit, d’une réalité physique et d’un monde métaphysique.
Dans l’acceptation courante, elle fait référence à une quête de sens voire à « une spiritualité sans dieu » telle que l’a définie André Comte-Sponville.
 
Fondamentalement la quête de sens fait partie des besoins de l’Homme : Abraham Maslow définissait le « besoin de transcendance » comme l’ultime jalon de l’accomplissement de soi.
 
Les sociétés modernes se sont affranchies des dogmes, permettant à chacun de rechercher librement sa propre spiritualité. Cette quête de sens trouve aujourd’hui des échos multiples, allant de la religion à des courants spirituels très variés. Sous ces apparences très diverses, se traduit une exigence éthique commune autour de la question du comment vivre, ou comment bien vivre, tout en ayant recours à un système de règles et lois qui garantissent le vivre ensemble. Au niveau individuel la spiritualité participe à la fois d’une forme de connaissance et de reconnaissance de soi et de sa culture et permet, de fait, de mieux appréhender celle de l’autre, elle favoriserait un enrichissement mutuel et une acceptation de la diversité et de ses expressions.
 
Le rapport de l’homme au spirituel  se manifeste également de manière puissante dans l’art.
Historiquement l’art est né pour matérialiser le fait religieux.
 
Amir Eshel fait le chemin inverse. A partir d’un médium, la photographie, il documente et interroge, au gré de ses voyages, les différentes formes de spiritualité qu’il rencontre.
Au-delà des croyances et des dogmes, Il propose un regard sur l’universalité de cette quête qui revêt parfois des apparences insolites, comme ce groupe de religieux juifs orthodoxes pratiquant la capoeira. 
 
Mémoire de l'Avenir
PROGRAMMATION 
Ensemble, faisons vivre
un espace dédié aux arts, au partage et à l’inclusion
 
organisation d’intérêt public
Go Fund Me
FORMATIONS 
Suivez-nous sur les réseaux
English
Français
NOW
Infos Pratiques 
Nos partenaires 
Qui sommes nous ?
HUMANITIES, ARTS AND SOCIETY 
NOS ACTIONS 
RECHERCHE-ACTION